HAÏKUS AU FIL DES JOURS

 Haïkus invités

[1]  [2]  [3]  [4]  [5]  [6]  [7]  [8]  [9]  [10]  [11]  [12]

Accueil des haïkus invités

Damien GABRIELS

(mise en ligne : 02/05/2004)

Poèmes extraits de « Terre de diamant » de Kenneth White – trad. Marie-Claude White - Grasset (Les Cahiers rouges) - 2003
 
Rannoch Moor
 
Dark heather
wisp of wool
buzzing fly.
 
La lande de Rannoch
 
Bruyère brune
touffe de laine
mouche qui bourdonne
 
 
Rue d’Ecosse
 
There’s nothing much in the Rue d’Ecosse
that dark little cul-de-sac –
just the full moon and a stray cat.
 
Rue d’Ecosse
 
Pas grand-chose dans la rue d’Ecosse
cette petite impasse obscure –
la pleine lune, un chat errant
 
 
My Properties
 
I’m a landowner myself after all –
I’ve got twelve acres of white silence
up at the back of my mind.
 
Mes propriétés
 
Propriétaire je suis moi aussi
j’ai douze arpents de silence blanc
tout au fond du cerveau.
 
 
November Morning in the Studio
 
Cold mist
red leaves, yellow leaves
dog barking.
 
Matin de novembre dans le studio
 
Brume froide
feuilles rouges, feuilles jaunes
un chien qui aboie.
 
 
South Road , Summer
1.
Mid-afternoon
blue light flickering
on the silent crags.
 
2.
Where did the wind go ?
dawn coming quietly
over the hills.
 
Route du sud, été
1.
Au milieu de l’après-midi
une lumière bleue vacille
sur les crêtes silencieuses.
 
2.
Où est parti le vent ?
l’aube se lève doucement
sur les collines.
 
The White Mistral
 
Beyond the turmoil
of living, loving and dying
all at once the sky clears
a white wind blowing.
 
Le mistral blanc
 
Par-delà ce tumulte
qu’est vivre, aimer et mourir
le ciel soudain s’éclaircit
balayé par un grand vent blanc.
 
A Snowy Morning in Montreal
 
Some poems have no title
this title has no poem
it’s all out there.
 
Matin de neige à Montréal
 
Certains poèmes n’ont pas de titre
ce titre n’a pas de poème
tout est là dehors.
 
       
Haïkus extraits de « Au fil de l’eau - Les premiers haïku français »  
Editions Mille et Une Nuits – 2003
 
 
Le bateau coule,
L’heure fuit
Insensiblement …
 
 
Ville endormie.
Un gardien de prison passe.
Un volet s’ouvre.
 

Le vieux canal

Sous l’ombre monotone

S’est vert-de-grisé.

 

D’une main elle bat le linge

 Et de l’autre rajuste
 Ses cheveux sur son front
         
Tercets extraits de « Petites mélancolies de tous les jours qui passent » - Raphaël Millet - éditions joca seria - 2004
     
 
Avant le livre
 
Se faire un thé
Bien se caler dans le fauteuil
Et sous ses doigts sentir le grain du papier
 
 
Derrière le rideau
 
Entre le monde et moi
Une vitre perlée de pluie
Comme un chat à la fenêtre
 
 
Marée basse
 
Sac de courses et chaussures à la main
Rentrant du marché par la plage
Une robe passe
 
 
Tôt levé
 
Seul à la fenêtre
Guetter le point du jour
Dans sa blancheur d’avant soleil
     
 
Parfum d’été
 
Lendemain matin
Les tasses ont dormi seules
Et de l’évier remonte l’odeur froide du thé
 
 
Haïku de foudre
 
Apparue au printemps au coin de la rue
Depuis, la guetter
En écrivant des poèmes
 
 
A ma table
 
Ni ambition ni désir
Si ce n’est d’écrire
Manière d’être seul
 
 
Jolie rue
 
Au lieu de suivre le trajet habituel
Soudain tourner un angle de rue
Et s'engouffrer dans un monde inconnu




 
 
Créé avec Créer un site
Créer un site gratuitement