HAÏKUS AU FIL DES JOURS

un choix de mes haïkus pour septembre 2005

Damien GABRIELS


le vent est tombé –
insensiblement, la lune
quitte la colline
 
 
 
au bord des éteules
les avoines folles
s’inclinent
 
 
 
voie lactée –
un petit caillou au fond
de mon espadrille
 
 
 
montée du col –
l’ombre d’un papillon
puis le papillon
 
 
 
un cheval au trot –
le soleil du matin traverse
la poussière blonde
 
 
 
matin de reprise –
par trois fois je recommence
mon nœud de cravate
 
 
 
pot de pétunias –
la fourmi fait un tour
dans l’autre sens
 
 
 
tondeuse    cisailles
le jardin bien dégagé
derrière les oreilles
 
 
 
posé sur la vitre
un moucheron regarde
tomber l’averse
 
 
 
arrêt
de l’aspirateur –
explosion de silence
 
 
 
dix cents dans sa casquette
la calvitie bronzée
de l’accordéoniste
 
 
 
une odeur de menthe
après la passe manquée –
foot au jardin
 
 
 
averse d’orage –
un parapluie slalome
entre les parasols
 
 
 
août pluvieux –
les tomates vertes
continuent de verdir
veilleur solitaire –
un tournesol au milieu
du champ de betteraves
 
 
 
nouvelles chaussures –
de nouveau attentif
au bruit de mes pas
 
 
 
pelouse tondue –
de petits brins d’herbe
jusque dans la chambre
 
 
 
jardin à l’abandon –
une poignée de mûres
volées aux oiseaux
 
 
 
aucune écume
sur la crête des vagues –
plage déserte
 
 
 
dossier à finir –
un petit nuage blanc
glisse à la fenêtre
 
 
 
comité de crédits –
un jour de lumière grise
derrière les stores
 
 
 
sous l’arche du pont
les pavés de grès ronds
de l’ancienne route
 
 
 
arc-en-ciel double –
ils restent scotchés devant
la série télé
 
 
 
bruyante palabre –
un groupe d’étourneaux
occupe l’antenne
 
 
 
footing tout terrain –
des gratterons accrochés
à mes chaussettes
 
 
 
fin d’été –
une glace au parfum
de fleur d’oranger
 
 
 
sursaut –
le sabot d’un cheval
glisse sur le pavé
 
 
Copyright - Damien Gabriels (août 2005)



 
 
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